De qui se moquent les banques ?

Près une décennie de résultats exceptionnels, les banques de Nouvelle-Calédonie nous annoncent pour 2016, 7,7 milliards de bénéfice et une explosion des provisions à 2,7 milliards (+570 %), pour un risque somme toute peu important. Pourtant, dans le même temps les établissements bancaires nous annoncent une diminution du résultat de 12,8 % en un an, mais tout le monde sait qu’ils continuent leur distribution de bonus, de salaires démesurés et de retraites-chapeaux à quelques-uns. En réalité, les banques continuent d’ignorer le travail et les compétences mises en œuvre au quotidien par l’ensemble des salariés, et nous en avons eu la preuve à l’occasion des négociations relatives à l’accord collectif inter-entreprises…

Force est de constater et de déplorer que la radicalité s’est emparée des relations sociales dans le secteur bancaire !

La décision des dirigeants des quatre banques calédoniennes de déposer sur une étagère 8 années de négociations sur la refonte de l’accord collectif du secteur bancaire a jeté un froid parmi les partenaires sociaux. Les syndicats de salariés n’étant pas disposés à tirer un trait sur leurs primes d’ancienneté et sur le point bancaire, les banquiers ont donc pris la décision d’interrompre les discutions. Les dirigeants des banques veulent absolument garder la main ; ils ne veulent pas se créer de contraintes avec un nouvel accord. Loin d’un véritable dialogue social, les directeurs et leurs DRH jouent la rigueur à outrance dans les négociations internes. Les centrales syndicales, et FO en premier lieu, ont donc saisi la Direction du Travail et de l’Emploi pour demander l’extension ou la révision de la convention collective du personnel des banques.